lundi 9 mars 2009

Voyage culinaire en Sardaigne et Sicile

Certes on ne mélange pas les torchons et les serviettes, mais les cuisines sarde et sicilienne ont tellement de points communs que je ne saurais vous parler de l’une sans l’autre.
L’héritage des peuples ayant occupés ces deux îles est très présente dans leur cuisine, chaque conquérant passé sur ces lieux a cédé un élément de son patrimoine culinaire. Les grecs nous ont laissé les oliviers, le miel et surtout le vin, les romains ont marqué leur passage avec la soupe aux fèves, les saucisses et surtout le boudin dont ils étaient friands. Mais c’est sans doute l’influence arabe qui a le plus imprégné la Sardaigne et la Sicile avec l’emploi d’anis, de sésame, de cannelle de fleur d’oranger…
Quelles sont donc les caractéristiques culinaires communes aux deux îles ?


Tout d’abord, le pain. Cet aliment est le pivot de l’alimentation sarde, comme en témoigne la grande variété de produits. Il a une fonction symbolique très forte puisque chaque pain représente un moment de fête ou un signe de bon augure. Le plus célèbre reste le carasau ou « carta da musica », en raison du bruit que l’on fait en le mangeant. Réalisé avec du blé d’azyme ou de la farine de malt, il est constitué de feuilles circulaires croquantes et très fines. Citons aussi le civraxiu : rond et grand, sa croûte est croquante et sa mie très molle ou le moddizzosu, pain de forme circulaire très tendre parfaitement adapté pour le fromage et les saucisses. En Sicile, le pain ne manque jamais sur les tables mais on s’en sert également pour les soupes, les boulettes et les farces.
Comment ne pas parler de leurs vins ! Toutes deux, peuvent se targuer d’une très ancienne tradition vinicole qui fournit des vins de grande qualité. L’ensoleillement et le sol volcanique de la Sicile sont extrêmement favorables à la vigne. Le vignoble palermitain propose des crus variés comme le zucco, le corvo ou le regaleati. Les blancs de l’Etna sont aussi très connus. Et n’oublions pas le Moscato di Syraccus, blanc muscat sec et délicieux, le Faro, vin rouge à la robe rubis de la province de Messine et enfin le Morsalo doré, vin de dessert.
Quant à la Sardaigne, le Cannonau (son rouge le plus célèbre), le Malvoisie, le Vermentino (vin blanc sec au goût légèrement amer et au parfum délicat) et le Nuragus, ont déjà fait la réputation de l’île.
Et puis parlons de leurs fromages : caciocavallo, pecorino et primosale pour la Sicile, autre pecorino, fiore sarde et fresa pour la Sardaigne. Et que dire de la pêche, variée et abondante (thon, sardine, anchois, espadon, langouste, crevette) …
Mais ces deux perles de la Méditerranée se distinguent aussi par une cuisine originale qui leur est propre. Les sardes se caractérisent par des plats tels que, les petites fêves aux lards ou les fai e allu (fêves à l’ail). Les malloreddus (ou gnocchis sardes en forme de coquilles vides) sont très prisés, ainsi que les culurjoni, ravioli de formes variées préparés avec de la semoule et farcis de ricotta, bettes, pommes de terre et safran.

La Sicile est connue pour sa caponata, sorte de ratatouile de légumes à base d’aubergines, poivrons céleris, olives ail et câpres. Mais j’aimerais lui apporter une mention spéciale pour ses « douceurs »…Entrer dans une pâtisserie sicilienne c’est franchir le seuil d’un monde aux mille parfums et couleurs. Les ingrédients de base sont le miel, la ricotta, les amandes et les pistaches. Et que déguste-t-on ? Le massepain ou pasta reale, recette transmise par les maures au XIIIe siècle à des religieuses, est une sorte de pâte d’amande à laquelle on donne la forme souhaitée puis que l’on colore et fait briller avec de la gomme arabique. La cassata, consommée à l’origine à Pâques est une espèce de biscuit (pan di Spagna) mélangé à du chocolat, de la ricotta et garni de fruits confits. Et bien sûr les cannoli, ces rouleaux de pâte feuilletés que l’on rempli de ricotta, pâte d’amande et pistaches.

L'Italie en bref

Nouveau projet sur le droit de grève dans les transports
Le gouvernement de Silvio Berlusconi vient d’examiner en Conseil des Ministres un projet de loi très controversé sur le droit de grève dans les transports en commun. En effet, pour proclamer une grève, les syndicats devront représenter plus de 50% du secteur concerné; s'ils ne représentent que 20% des salariés, la grève sera autorisée à condition qu'une consultation organisée parmi les salariés recueille "au moins 30% de consensus", a expliqué le ministre. Le texte prévoit également l'obligation pour chaque salarié de faire état de son "adhésion individuelle" au mouvement social afin, selon le gouvernement, de prévoir plus précisément les perturbations entraînées par la grève.
Ce projet de loi fait écho aux nombreuses grèves des transports que connait le pays (environ 2 par jour selon le Ministre des Affaires Sociales) et qui selon le gouvernement prend en otages les usagers. Pour la principale confédération syndicale du pays, la CGIL, c’est le droit même de la grève pourtant garantie par la Constitution, qui sera compromis. Les syndicats craignent également que cette réglementation dans les transports ne s’entende rapidement à d’autres secteurs. Le projet doit maintenant être ratifié par le Parlement sans trop de difficultés puisque Berlusconi dispose de la majorité absolue.

Baisse record du Produit Intérieur Brut
L’Institut italien des statistiques (Istat) vient de publier ses chiffres : le produit intérieur brut a diminué de 1 % sur l'ensemble de l'année 2008, du jamais vu depuis 1975 lors du premier choc pétrolier. En récession depuis le troisième trimestre 2008, l’Italie ne s’attend pas à de véritables améliorations d’autant que tous les pays de la zone euro prévoient une croissance négative en 2009.
Les raisons de cette baisse sont multiples : le recul des investissements de 3%, la diminution des exportations de 3,7% mais aussi une chute de la consommation de 0,5%. Les conséquences sont immédiates sur le déficit public en hausse représentant aujourd’hui 2,7% du PIB. Le pays peine à trouver des ressources pour relancer l’économie malgré les mesures du gouvernement de soutien aux ménages et aux entreprises. Néanmoins, la marge de manœuvre reste limitée en raison de la forte dette publique de l’Italie.

Restrictions pour le carême
On connaissait tous le jeûne du vendredi pendant les quarante jours de carême mais certains évêques italiens ont étendu cette pratique à d’autres catégories. Ainsi, l’évêque de Modène à demandé à ses fidèles de ne plus envoyer de SMS les vendredis afin de se désintoxiquer du monde virtuel.
Cette initiative a été aussitôt imité par le diocèse de Trente qui invite ses ouailles à ne pas utiliser leur voiture le dimanche et par Venise qui préconise de boire l’eau du robinet plutôt que de l’eau en bouteille jusqu’à Pâques. Tout cela dans un but purement écologique et de réflexion spirituelle.
Article publié le 9 mars 2009 sur le site "Lepetitjournal.com"