jeudi 2 juillet 2009

Lecture sous le parasol...

L’été est là et les vacances approchent à grands pas. Vous voilà donc avec de longues journées de détente-transat et leur incontournable compagnon de distraction : le livre de l’été. Pour ne pas vous poser la sempiternelle question "quel roman emporter dans mes bagages ?", voici une sélection qui plaira au plus grand nombre : de l’inévitable polar au grand roman-fleuve, en passant par les classiques. Bonne lecture !


Rassurez-vous tout de suite : on peut vivre des instants agréables de lecture sans être obligé de digérer le dernier Guillaume Musso ou Marc Levy. Et les choix sont multiples, en commençant par le genre favori des estivaux : le polar. Robin Cook et son opus "Erreur fatale" vous promettent de bons moments. Cet ancien médecin aborde un sujet qu’il connaît bien : l’erreur médicale. Le Dr. Bowman soigne des patients plutôt triés sur le volet, mais sa belle carrière est menacée lorsqu’il est accusé du décès d’une de ses patientes qu’il aurait négligée. Il fait alors appel à son beau-frère, médecin légiste, pour l’aider dans ses démêlés judiciaires. Mais dès la demande d’autopsie du corps, l’affaire prend un tournant inattendu. Une intrigue bien menée, un livre très documenté que l’on aura du mal à lâcher avant la fin.


Autre histoire haletante et qui a remporté le prix du meilleur polar européen : "La mort, entre autres" de Philip Kerr. Nous sommes en 1949, en pleine reconstruction allemande. Bernie Gunther, ancien SS enrôlé de force, devient détective privé. Il est alors engagé par une cliente sulfureuse qui lui demande de vérifier que son mari est bel et bien mort. Le voilà embarqué dans une traque dangereuse où apparaissent toutes les facettes d’une Allemagne d’après-guerre. Vous n’avez toujours pas été contaminé par le virus "Millénium" ? Alors, profitez de ces longs mois de vacances pour vous plonger dans la trilogie de Stieg Larsonn. Toujours classées parmi les meilleures ventes en France comme en Italie, les aventures de Mikael Blomkvist et Lisbeth Salander vous feront passer quelques nuits blanches !


Des histoires d’exception…

Dans son roman "D’autres vies que la mienne", Emmanuel Carrère prend le parti de relater des histoires vraies qui ne sont pas les siennes, mais celles d’hommes et femmes qui ont un jour croisé son chemin. Il prête ainsi sa plume pour raconter la vie de Juliette, 4 ans, emportée par le tsunami au Sri Lanka. Mais aussi de la sœur de sa compagne décédée d’un cancer à 33 ans et bien d'autres. Emmanuel Carrère ne tombe jamais dans le pathos, mais sait décrire avec justesse la beauté des relations humaines. Un livre bouleversant, plein d’humanité et qui force le respect.


"Le cœur cousu" de Carole Martinez est un conte à la limite de la magie dans l’Espagne du XIXe siècle. On découvre l’histoire de la famille Carasco dont la mère Frasquita, jouée et perdue par son mari lors d’un combat de coqs, doit fuir son village avec ses sept enfants. Cette femme dotée du pouvoir de donner vie aux tissus qu’elle coud a transmis ses dons surnaturels à ses enfants. Une fresque familiale palpitante aux couleurs de "Cent ans de solitude" de Garcia Marquez.


Révisez vos classiques

En juin, le monde des lettres a fêté le cinquantième anniversaire de la mort d’un homme exceptionnel qui connut une vie courte, mais ô combien remplie. Ainsi, Boris Vian, centralien et ingénieur, fut à la fois chanteur, auteur, romancier, critique et musicien de jazz. Malgré cette diversification, l’écriture est toujours restée son mode d’expression favori. Se replonger dans les œuvres de cet amoureux des mots est un bonheur exquis. Citons parmi les plus célèbres "L’écume des jours", dédiée à sa première femme, "L’arrache-cœur" qui n’eut aucun succès de son vivant, mais aussi toutes les œuvres qu’il rédigea sous le pseudo de Vernon Sullivan tel que "J’irai cracher sur vos tombes", thriller à l’américaine qui fit scandale.

mardi 5 mai 2009

Trahison au pays de la pizza

Vous connaissiez la machine à café, le distributeur de confiseries ou de boissons fraîches, voilà que débarquera bientôt sur la péninsule la première machine à fabriquer des pizzas en trois minutes chrono pour une poignée d’euros. Et lorsque l’on apprend que son inventeur est…italien, cela fait grincer quelques dents. Retour sur ce symbole de l’Italie qu’est la pizza.

Difficile de déterminer le lieu et l’origine exacte du terme « pizza ». De l'Égypte à la Grèce, en passant par l'Italie, toutes les civilisations méditerranéennes se sont nourries d’une pâte à base d’un mélange d’eau et de farine. Ce n’était au début qu’une simple fougasse mais c’est l’arrivée de la tomate sur le continent européen dès le XVIe siècle qui va changer la donne. Après une période de méfiance la tomate fait une entrée triomphante dans la cuisine italienne et surtout napolitaine. Il faut attendre les débuts du XVIIIe siècle pour que cet aliment soit déposé sur le disque de pâte et que naisse la pizza. Entre le XVIIIe et le XIXe siècle la pizza s'impose comme le plat préféré du peuple napolitain, faisant partie intégrale de la tradition culinaire de cette ville avant sa diffusion planétaire.

Technologie contre tradition
Claudio Torghele est donc l’inventeur de la machine à pizza baptisée « Let’s pizza ». Cet appareil utilisant une technologie mise au point par des chercheurs de l’Université de Bologne est assez révolutionnaire. En moins de trois minutes elle mixe eau et farine, étale un disque de pâte, étend la sauce tomate, dispose les ingrédients présélectionnés et fait cuire l’ensemble dans un four à infrarouge. Son inventeur aime à déclarer : « ce n’est pas un simple distributeur de pizzas mais une mini-pizzeria ». En effet, une vitre sur la machine nous permet de découvrir le processus de fabrication plus digne des « Temps modernes » de Chaplin que du coup de main prodigieux du pizzaiolo en bas de chez nous !
Pour Claudio Torghele, cette machine répond à une demande toujours croissante de nourriture rapide à moindre coût : elle est disponible 24h /24h, les produits sont frais et les prix abordables (environ 5 euros la pizza). Une réponse à la crise ?
Mais les représentants des 25 000 pizzaiolos en activité en Italie ne le voient pas de cet œil. Quid du temps de levage de la pâte, de l’habilité du pizzaiolo et du four à feu de bois ? Ce n’est pas tant la concurrence que ces professionnels craignent mais plutôt que cet appareil ne vienne à banaliser un produit qui fait partie du patrimoine gastronomique du pays. La pizza reste le symbole du « made in Italy » avec des méthodes codifiées et certifiées, il serait dommage qu’elle ne devienne un produit de consommation rapide pour des citoyens fauchés.

mercredi 8 avril 2009

Petite histoire de la Fiat 500

C’est au récent Salon Mondial de l’Automobile à Genève que Fiat a levé le voile sur la dernière version de la Fiat 500 : la Fiat 500 C (C pour cabriolet). Année après année, jamais une petite cylindrée n’aura connu un tel engouement du public. Alors, du nouveau cabriolet à la Topolino des années 1930, voici l’histoire de la voiture préférée des Italiens.

La sortie de la première Fiat 500 en 1936 fut d’abord un défi : commercialiser une voiture populaire, petite, économique et qui puisse être vendue à moins de 5.000 lires. C’est le sénateur Agnelli, alors président de Fiat, qui charge son chef de bureau d’études, Dante Giocosa, de concevoir ce nouveau modèle. Dénommée Fiat 500 A, elle fut aussitôt rebaptisée par les Italiens Topolino*, en raison de sa ressemblance avec la voiture de Mickey.Ainsi naquit la plus petite voiture au monde construite en grande série : moteur 13 CV, 4 vitesses, 85 km/h, consommation de 6 l/100km et deux passagers maximum à bord. Il en sortira plus d’un demi-million d’exemplaires jusqu’en 1955, date d’arrêt de sa production. Son succès fut immédiat malgré son prix revu à la hausse (9.000 lires) et ses caractéristiques, somme toute, rustiques.

Dans les années 1950, Fiat souhaite proposer une voiture biplace à vocation urbaine pour se distinguer de sa grande sœur, la Fiat 600, voiture familiale des Italiens par excellence. Cette tâche est à nouveau confiée à Dante Giocosa qui s’est fixé comme objectif de construire une voiture ultra légère, simple et facile d’entretien.En juin 1957, la Nuova 500 est présentée au public. Ses caractéristiques techniques sont modestes (13 CV, vitesse maxi de 85 à 100 km/h) mais son agréable forme ronde, son toit décapotable, sa maniabilité et sa tenue de route font tilt. Son aspect trop spartiate va cependant nuire à son succès : seulement deux sièges et une banquette en bois à l’arrière, pas de chromes rutilants tellement prisés par les conducteurs, pas d’enjoliveurs aux roues qui affichent leurs vis apparentes. Ses détracteurs parlent d’un scooter amélioré.Mais au fil des années, Fiat va adapter ses modèles et les améliorer en déclinant de nouvelles versions telles que la Fiat Sport avec un toit rigide et ses fameuses couleurs blanc et rouge, la Gardiniera plus familiale et rallongée de 10 centimètres ou encore la 500 Lusso qui se distingue par des finitions raffinées.La 500 devient rapidement la voiture des femmes. Et si dans les années 1950 elle représentait l’image de l’Italie modeste, elle s’est rapidement transformée en un symbole de la bourgeoisie chic pour devenir aujourd’hui un objet culte et tendance.Plus de 3,5 millions de véhicules seront vendus jusqu’en 1975, année où la Fiat 500 prendra sa retraite, concurrencée par un nouveau modèle du même constructeur : la 126.
Article publié sur le site "lepetitjournal.com" le 8 avril 2009
*Topolino est le nom donné à Mickey en italien, qui signifie également "petite souris".

jeudi 2 avril 2009

"Syngué sabour" d'Atiq Rahimi aux éditions P.O.L

Qu’est-ce donc que cette syngué sabour ? Cette pierre de patience qui selon la mythologie perse sert de défouloir à nos malheurs, nos souffrances et tous nos secrets.
Dans ce livre, la pierre prend la forme d’un homme allongé sur un matelas, inerte, un tube dans la bouche qui l’alimente. A ses côtés, son épouse qui veille sur ce combattant d’Allah dans le coma depuis qu’il a reçu une balle dans la nuque.
D’abord désemparée de se retrouver seule et abandonnée par sa famille en pleine guerre, elle va peu à peu prendre conscience de son corps et de sa pensée pour finalement se révolter, crier sa haine et dire : « Cette voix qui émerge de ma gorge, c'est la voix enfouie depuis des milliers d'année ».
Ce roman aborde tous les aspects de la difficulté d’être une femme musulmane : sexualité frustrée, plaisir proscrit, violence et droits absolus de l’époux et des hommes en général.
L’auteur, Atiq Rahimi a choisi de traiter ce sujet à travers les yeux d’une femme martyr sans jamais lui attribuer un prénom comme pour accentuer l’aspect universel de ce thème : elle pourrait s’appeler Aïcha, Maria, Martine ou Jenny.
Mais attention, selon la légende la syngué sabour finit par éclater une fois pleine de nos secrets pour nous en délivrer, éclatement parfois tragique comme la fin de ce roman.

jeudi 26 mars 2009

"La cage aux lézards" de Karen Connelly aux éditions Buchet-Chastel

Il est sans doute un peu tard pour parler de ce livre publié voilà maintenant un an, mais on ne pourrait faire l’impasse sur cet ouvrage bouleversant dont la presse a si peu discouru.
D’autant plus remarquable qu’il s’agit du premier roman d’une jeune canadienne traduit de l’anglais, jusque là inconnue. L’histoire se déroule en Birmanie au sein d’une prison de haute sécurité à Rangoon. Teza, jeune chanteur condamné à vingt ans d’isolement pour avoir écrit des chansons contre le régime au pouvoir, nous fait partager le quotidien, la violence et la haine qui règne dans les prisons birmanes. C’est aussi l’histoire d’une amitié qu’il noue avec un enfant travaillant dans ces lieux.Livre poignant, d’une extrême violence, très documenté (l’auteure a passé deux ans à la frontière de la Birmanie et de la Thaïlande, parmi les dissidents de la junte de Rangoon) qui nous livre également des éléments des valeurs bouddhistes. Mais c’est aussi un récit plein d’espoir, de compassion et d’humanité.

lundi 16 mars 2009

Développer son réseau



En France, 50% des embauches se font par réseau. Au même titre que la formation et l’expérience, le réseau est devenu aujourd’hui un élément clé dans la recherche d’emploi.
Comment fonctionne ce marché caché et comment peut-on le développer ?


Comment définir un réseau ? En résumé, c’est l’ensemble des personnes de notre entourage qui par leur position dans une entreprise ou la connaissance d’un domaine particulier peuvent faire avancer une recherche d’emploi. Mais attention à ne pas confondre piston et réseau ! Recommander quelqu’un sur un pseudo lien de parenté plutôt que sur des compétences professionnelles n’est plus dans l’air du temps.
Comment procéder ? Nous avons tous des relations, l’essentiel est de bien savoir les cibler. Dressez une liste de vos connaissances parmi vos amis, parents, voisins, anciens collègues ou camarades de promotion, vos activités extra professionnelles. Evaluez ce que chacun peut apporter à votre recherche et contactez-les. Attention votre démarche doit être cohérente : déterminez bien l’objet de votre prise de contact et ne mettez pas en position difficile votre relation en lui demandant un service pénible à réaliser. A bannir absolument : « je cherche un travail, peux-tu m’aider ? ».
Ainsi, par ce procédé, vous pourrez être informé des postes vacants, de la ligne direct d’un interlocuteur sans passer par sa secrétaire. Vous pourrez également avoir des informations bien précises sur un secteur, transmettre un CV, solliciter un entretien.

Le secours d’internet
A l’instar de Facebook, les pros du réseau ont aussi créé leur communauté sur internet et développé ce que l’on nomme communément la networking attitude.
Le plus célèbre d’entre eux est Linkedin. Né aux Etats-Unis en 2003, il regroupe aujourd’hui plus de 31 millions d’utilisateurs dans 120 pays. Son concurrent est français et se nomme Viadeo. En place depuis mars 2007 en Italie, il compte déjà 2 millions de transalpins inscrits et 12 000 contacts entre membres par jour.
En vous inscrivant sur ses sites vous aurez droit à votre espace perso (photo, détails professionnels, CV…). Vous construirez ensuite autour de vous une chaîne de relations en invitant d’autres membres pour demander des conseils, proposer un partenariat, partager des expériences, bref développer des relations professionnels.
Devant le succès de ses sites, leurs créateurs ont depuis mis en place des partenariats avec des services d’aide à l’emploi ou des journaux de presse spécialisés pour pouvoir y diffuser des offres d’emploi.

Pour conclure, sachez qu’un réseau n’est jamais acquis, cela devient un état d’esprit et exige une relation de réciprocité : on vous a aidé, n’oubliez pas de renvoyer l’ascenseur.
Faites en sorte que l’on soit informé de votre évolution et suivez l’évolution des autres. Un réseau se fonde sur l’estime des compétences de chacun et sur l’échange.

lundi 9 mars 2009

Voyage culinaire en Sardaigne et Sicile

Certes on ne mélange pas les torchons et les serviettes, mais les cuisines sarde et sicilienne ont tellement de points communs que je ne saurais vous parler de l’une sans l’autre.
L’héritage des peuples ayant occupés ces deux îles est très présente dans leur cuisine, chaque conquérant passé sur ces lieux a cédé un élément de son patrimoine culinaire. Les grecs nous ont laissé les oliviers, le miel et surtout le vin, les romains ont marqué leur passage avec la soupe aux fèves, les saucisses et surtout le boudin dont ils étaient friands. Mais c’est sans doute l’influence arabe qui a le plus imprégné la Sardaigne et la Sicile avec l’emploi d’anis, de sésame, de cannelle de fleur d’oranger…
Quelles sont donc les caractéristiques culinaires communes aux deux îles ?


Tout d’abord, le pain. Cet aliment est le pivot de l’alimentation sarde, comme en témoigne la grande variété de produits. Il a une fonction symbolique très forte puisque chaque pain représente un moment de fête ou un signe de bon augure. Le plus célèbre reste le carasau ou « carta da musica », en raison du bruit que l’on fait en le mangeant. Réalisé avec du blé d’azyme ou de la farine de malt, il est constitué de feuilles circulaires croquantes et très fines. Citons aussi le civraxiu : rond et grand, sa croûte est croquante et sa mie très molle ou le moddizzosu, pain de forme circulaire très tendre parfaitement adapté pour le fromage et les saucisses. En Sicile, le pain ne manque jamais sur les tables mais on s’en sert également pour les soupes, les boulettes et les farces.
Comment ne pas parler de leurs vins ! Toutes deux, peuvent se targuer d’une très ancienne tradition vinicole qui fournit des vins de grande qualité. L’ensoleillement et le sol volcanique de la Sicile sont extrêmement favorables à la vigne. Le vignoble palermitain propose des crus variés comme le zucco, le corvo ou le regaleati. Les blancs de l’Etna sont aussi très connus. Et n’oublions pas le Moscato di Syraccus, blanc muscat sec et délicieux, le Faro, vin rouge à la robe rubis de la province de Messine et enfin le Morsalo doré, vin de dessert.
Quant à la Sardaigne, le Cannonau (son rouge le plus célèbre), le Malvoisie, le Vermentino (vin blanc sec au goût légèrement amer et au parfum délicat) et le Nuragus, ont déjà fait la réputation de l’île.
Et puis parlons de leurs fromages : caciocavallo, pecorino et primosale pour la Sicile, autre pecorino, fiore sarde et fresa pour la Sardaigne. Et que dire de la pêche, variée et abondante (thon, sardine, anchois, espadon, langouste, crevette) …
Mais ces deux perles de la Méditerranée se distinguent aussi par une cuisine originale qui leur est propre. Les sardes se caractérisent par des plats tels que, les petites fêves aux lards ou les fai e allu (fêves à l’ail). Les malloreddus (ou gnocchis sardes en forme de coquilles vides) sont très prisés, ainsi que les culurjoni, ravioli de formes variées préparés avec de la semoule et farcis de ricotta, bettes, pommes de terre et safran.

La Sicile est connue pour sa caponata, sorte de ratatouile de légumes à base d’aubergines, poivrons céleris, olives ail et câpres. Mais j’aimerais lui apporter une mention spéciale pour ses « douceurs »…Entrer dans une pâtisserie sicilienne c’est franchir le seuil d’un monde aux mille parfums et couleurs. Les ingrédients de base sont le miel, la ricotta, les amandes et les pistaches. Et que déguste-t-on ? Le massepain ou pasta reale, recette transmise par les maures au XIIIe siècle à des religieuses, est une sorte de pâte d’amande à laquelle on donne la forme souhaitée puis que l’on colore et fait briller avec de la gomme arabique. La cassata, consommée à l’origine à Pâques est une espèce de biscuit (pan di Spagna) mélangé à du chocolat, de la ricotta et garni de fruits confits. Et bien sûr les cannoli, ces rouleaux de pâte feuilletés que l’on rempli de ricotta, pâte d’amande et pistaches.

L'Italie en bref

Nouveau projet sur le droit de grève dans les transports
Le gouvernement de Silvio Berlusconi vient d’examiner en Conseil des Ministres un projet de loi très controversé sur le droit de grève dans les transports en commun. En effet, pour proclamer une grève, les syndicats devront représenter plus de 50% du secteur concerné; s'ils ne représentent que 20% des salariés, la grève sera autorisée à condition qu'une consultation organisée parmi les salariés recueille "au moins 30% de consensus", a expliqué le ministre. Le texte prévoit également l'obligation pour chaque salarié de faire état de son "adhésion individuelle" au mouvement social afin, selon le gouvernement, de prévoir plus précisément les perturbations entraînées par la grève.
Ce projet de loi fait écho aux nombreuses grèves des transports que connait le pays (environ 2 par jour selon le Ministre des Affaires Sociales) et qui selon le gouvernement prend en otages les usagers. Pour la principale confédération syndicale du pays, la CGIL, c’est le droit même de la grève pourtant garantie par la Constitution, qui sera compromis. Les syndicats craignent également que cette réglementation dans les transports ne s’entende rapidement à d’autres secteurs. Le projet doit maintenant être ratifié par le Parlement sans trop de difficultés puisque Berlusconi dispose de la majorité absolue.

Baisse record du Produit Intérieur Brut
L’Institut italien des statistiques (Istat) vient de publier ses chiffres : le produit intérieur brut a diminué de 1 % sur l'ensemble de l'année 2008, du jamais vu depuis 1975 lors du premier choc pétrolier. En récession depuis le troisième trimestre 2008, l’Italie ne s’attend pas à de véritables améliorations d’autant que tous les pays de la zone euro prévoient une croissance négative en 2009.
Les raisons de cette baisse sont multiples : le recul des investissements de 3%, la diminution des exportations de 3,7% mais aussi une chute de la consommation de 0,5%. Les conséquences sont immédiates sur le déficit public en hausse représentant aujourd’hui 2,7% du PIB. Le pays peine à trouver des ressources pour relancer l’économie malgré les mesures du gouvernement de soutien aux ménages et aux entreprises. Néanmoins, la marge de manœuvre reste limitée en raison de la forte dette publique de l’Italie.

Restrictions pour le carême
On connaissait tous le jeûne du vendredi pendant les quarante jours de carême mais certains évêques italiens ont étendu cette pratique à d’autres catégories. Ainsi, l’évêque de Modène à demandé à ses fidèles de ne plus envoyer de SMS les vendredis afin de se désintoxiquer du monde virtuel.
Cette initiative a été aussitôt imité par le diocèse de Trente qui invite ses ouailles à ne pas utiliser leur voiture le dimanche et par Venise qui préconise de boire l’eau du robinet plutôt que de l’eau en bouteille jusqu’à Pâques. Tout cela dans un but purement écologique et de réflexion spirituelle.
Article publié le 9 mars 2009 sur le site "Lepetitjournal.com"

lundi 2 mars 2009

Beaujolais nouveau ou vino novello ?


Devant le succès du Beaujolais Nouveau, d’autre pays et notamment l’Italie, ont tenté de se lancer dans la production et la commercialisation de ces vins dits ″jeunes″. Vins de piètre qualité ? Gros coup marketing ? Faisons le point sur ces novelli qui occupent une place importante sur le marché international


Depuis le 6 novembre minuit, l’Italie a pu goûter et apprécier sa cuvée 2008 de vino novello. En France, il faudra attendre le 20 novembre pour que les amateurs de vin puissent trinquer, un verre de Beaujolais Nouveau à la main. Cette coutume remonte à 1951, lorsqu’un arrêté français stipula que les vins d’appellation d’origine ne pouvaient être vendus qu’à partir du 15 décembre de l’année de vendange. Cependant, suite au lobbying des syndicats viticoles, une note précisa que certains vins (en particulier le Beaujolais qui est un vin primeur) pouvaient être commercialisés avant. C’est ainsi que naquit l’appellation Beaujolais Nouveau. Variable pendant plusieurs années, la date du troisième jeudi du mois de novembre fut ensuite arrêtée pour rendre plus aisée la mise en place de sa commercialisation.C’est dans les années 60 qu’est né le fameux concept qui fit le tour du monde et rentra dans le domaine public : ″le Beaujolais Nouveau est arrivé !″. Porté par cette bannière, ce vin gagna rapidement les pays européens puis fut exporté outre-Atlantique, au Japon et dans le Sud-est asiatique.Aujourd’hui le Beaujolais Nouveau représente une production de 500 000 hectolitres soit l’équivalent de 60 millions de bouteilles, dont la moitié est exportée.
Une fabrication bien particulièreVin de cépage Gamay de la région lyonnaise, le Beaujolais Nouveau est vinifié selon la méthode de macération carbonique. Le raisin est ramassé à la main afin que les grappes soient les moins écrasées possibles. Puis il est placé dans une cuve hermétiquement close. Les grappes du fond de cuve vont éclater sous le poids des autres et le jus ainsi libéré va fermenter en dégageant du CO2. L’influence du gaz dégagé entraine sur le raisin une fermentation intracellulaire (au cœur de la baie). Le processus dure de 4 à 10 jours et donne à ce vin les caractéristiques qu’on lui connait bien : des couleurs brillantes et vives, très peu d’acidité et un goût très prononcé de fruit rouge.
En Italie, la fabrication du vino novello s’organise différemment. Le cépage n’est pas unique, on utilise aussi bien du Merlot que du Cabernet Sauvignon, du Sangiovese et bien d’autres. Ce vin est fabriqué dans tout le pays avec néanmoins une forte concentration en Vénétie et Toscane. Mais la grande distinction se trouve dans la vinification. En effet, la législation italienne prévoit qu’au moins 30% du raisin doive subir la méthode de macération carbonique, les 70% restant pouvant être vinifiés de façon traditionnelle.Le marché du vino novello représente en Italie 15 millions de bouteilles, 112 000 hectolitres (0,28% de la production italienne) et 80 millions d’euros.


Une consommation en baisse
Malgré l’importance de ce commerce, on constate aussi bien en France qu’en Italie une baisse de la consommation de ce type de vin en particulier sur les marchés européens depuis 2000. On note un déplacement de marché de l’Europe de l’Ouest vers l’Asie (le Japon, par exemple, achète 20% de la production française !).Pourquoi une telle diminution ? Le Beaujolais Nouveau ne serait-il plus tendance ? C’est un début de réponse. Ces vins ont aussi souffert de leur réputation de ″piquette″. Les producteurs craignent que les vins primeurs nuisent à la réputation des autres appellations qu’ils produisent également et qui sont aussi d’excellents vins de garde.Voilà pourquoi on sort l’artillerie lourde lorsqu’il s’agit de promouvoir ces produits. Le vino novello doit se boire rapidement, ce qui implique un gros travail de promotion sur un temps court puisqu’en 6 mois tout doit être écoulé. La cible marketing idéale a été trouvée : les jeunes, moins expérimentés qui apprécient ce vin en raison de sa légèreté, de son bouquet aromatique et de son côté festif.Alors quelle place donner au primeur ? Disons qu’il s’agit d’une curiosité œnologique à déguster une fois l’an, un rite agréable snobé par les passionnés de vin.
Article publié le 13 novembre 2008 sur le site "lepetitjournal.com"

Michelin face à la crise


La rumeur qui avait commencé à se répandre parmi les ouvriers s’est malheureusement transformée en annonce officielle : Michelin, le géant français des pneumatiques, a décidé de réorganiser ses usines en Italie et en particulier de fermer le site de production de Turin, corso Romania.

Il existe des villes qui ont lié leur destin à des groupes industriels. Turin en est le meilleur exemple avec Fiat, mais aussi avec Michelin. Présent à Turin depuis 1907 avec la fameuse usine Torino Dora, Michelin fut le premier à fabriquer des pneus de scooter après la Seconde Guerre mondiale. Aujourd’hui, le groupe compte 5.000 employés regroupés sur quatre sites industriels : Alessandria, Cuneo, Fossano et Turin.La réorganisation planifiée par Michelin a pour but d’améliorer la compétitivité des unités de production en modernisant les usines. Le groupe prévoit donc d’investir 200 millions d’euros d’ici 2013. Ce plan comporte plusieurs étapes :

- la fermeture du site de production de pneus tourisme à Turin fin 2009, 600 salariés sont concernés. Une part de la fabrication de produits intermédiaires (semi-finis) sera maintenue et le pôle logistique de Vercelli transféré sur ce site. La surcapacité de production de l’usine ainsi que la concurrence des sociétés des pays de l’Est aux coûts de production plus faibles, ont été les raisons principales de ce choix ;
- le renforcement de la capacité de production de l’usine de Cuneo qui deviendra l’unité de production la plus importante pour les pneus tourisme haut de gamme ;
- l’augmentation de la capacité de production de l’usine de pneus poids lourds à Alessandria de 10% ;
- des investissements de productivité sur le site de Fossano.

Des salariés désabusés
Les employés du site de Turin ont laissé exploser leur colère. Depuis des années, pour sauver leur usine, ils se sont prêtés à tous les sacrifices : flexibilité maximale, travail de nuit ou même le week-end. Cela n’aura pas suffit à faire face à une baisse des commandes, liée à la diminution d’achats de voiture.Michelin s’est néanmoins engagé à "proposer un poste à chaque salarié concerné″ et à "recréer sur le territoire le même nombre d’emplois que ceux qui seront supprimés". Déjà dans le passé lorsque le groupe avait fermé le site de Dora, chaque salarié avait retrouvé un poste. Mais l’ambiance reste tendue et les syndicats ont réclamé plus de garanties. Ils craignent, en effet, que les 7.000 m2 de l’usine turinoise, prochainement occupés à 50% de leur capacité, ne puissent continuer sur le long terme.La défection de Michelin de la capitale piémontaise est un coup dur pour la ville, c’est un autre poids lourd de l’industrie turinoise qui quitte le navire.
Article paru le 10 décembre 2008 sur le site "lepetitjournal.com"

vendredi 13 février 2009

Jean-Marie Blas de Roblès : « Là où les tigres sont chez eux » aux éditions Zulma


C’est un formidable voyage spatio-temporel que nous fait vivre Jean-Marie Blas de Roblès avec ce long et captivant roman. Le fil conducteur est Athanase Kircher, prête jésuite du XVIIe siècle très érudit à qui l’on attribut l’invention du microscope et autres machines. Son histoire nous est contée en 32 chapitres dans lesquels s’enchevêtrent d’autres récits se déroulant à notre époque. On croise ainsi Elaine, archéologue partie en mission au Brésil dans la forêt amazonienne et dont l’aventure finira tragiquement. On suit également José Moreira da Rocha, gouverneur corrompu qui n’hésite pas à assassiner femmes et enfants pour ses projets spéculatifs. On s’attache, de même, au personnage de Nelson, gamin handicapé des favelas et qui nourrit une terrible vengeance.
Au fil du roman, tous ces personnages vont s’entrecroiser et donner forme et vie à ce récit palpitant.

Olivier Adam : « Des vents contraires » aux éditions de l’Olivier


En venant s’installer à St Malo, ville de son enfance, avec ses deux jeunes enfants, Paul Anderen fuit une cruelle réalité. Celle de la disparition mystérieuse de sa femme et du profond désarroi dans lequel cette absence les plonge.
C’est dans ce paysage marin balayé par les vents et les embruns que Paul tente de redonner un sens à la vie et l’espoir à ses enfants. Mais comment y parvenir lorsque l’absence prend la forme de nuits sans sommeil et d’oubli dans l’alcool. Comment mettre des mots sur l’inexplicable ?
Avec ce sixième roman, Olivier Adam nous transporte dans son univers habituel, celui des gens ordinaires dont on parle peu en littérature. On croise ainsi un déménageur séparé de son fils et tentant de renouer les liens, un commercial licencié devenu SDF ou encore une jeune fille des banlieues poussée à la fugue par le comportement d’un beau-père violent. Tous nous plongent dans l’intime et nous amène quelque part à l’identification, c’est ce qui fait la force des romans de cet auteur désormais incontournable.

Catherine Cusset : « Un brillant avenir » aux éditions Gallimard


Helen vit aux Etats-Unis avec son époux Jacob et leur fils Alexandru. Ce bonheur familiale cache pourtant un passé difficile. Car Helen/Elena a traversé sa jeunesse dans la Roumanie de Ceausescu, s’est battu pour mener à bien ses études de physicienne et pour imposer à ses parents antisémites un mari juif. Déterminée, la famille émigre aux Etats-Unis où ils espèrent pour eux mais surtout pour le fils « un brillant avenir ».
Seulement, ce bel équilibre familial est perturbé par l’arrivée de Marie, jeune française débarquée à New York qui finit par épouser Alexandru.
Helen voit dans sa belle-fille une rivale (peur de perdre l’amour de son fils, peur que ce dernier abandonne sa carrière, peur qu’elle l’amène vivre en
France …) Helen engage alors contre Marie une guerre mesquine, faite de reproches et de silences aussi. Ce roman trace un très beau portrait de femme qui se construit comme un puzzle à travers le temps et l’espace.

Sandro Veronesi : « Chaos calme » aux éditions Grasset


Alors qu’il vient de se comporter en héros sur une plage en sauvant de la noyade une femme, Pietro apprend en rentrant chez lui que sa compagne vient de décéder brutalement. Après l’hébétude due au choc, Pietro constate qu’il ne ressent aucun chagrin, qu’il vit dans une sorte de « chaos calme » qui englobe également sa fille Claudia, âgée de 10 ans. En l’accompagnant un matin à l’école, il décide de ne plus quitter sa voiture garée face à l’établissement. Laissant tomber travail et obligations familiales, il observe le monde autour de lui et vo it arriver jour après jour collègues et amis venus s’épancher sur leurs propres problèmes. Il devient alors involontairement l’oreille plus ou moins attentive de tous ces hommes et femmes qui le temps d’un moment renonce à la comédie sociale.
A la fois drôle et cynique, ce roman ne laisse pas indifférent. Il a d’ailleurs été porté à l’écran par Antonello Grimaldi (avec N. Moretti dans le rôle de Pietro) et sortira en France le 10 décembre.


Natacha Appanah : « le dernier frère » aux éditions de l’Olivier


C’est une vrai bouffée de fraicheur que de se plonger dans le roman de cette Mauricienne qui relate un fait méconnu de la Seconde guerre Mondiale – la déportation sur l’île Maurice de 1500 juifs refoulés de Palestine en 1940 et internés jusqu’en 1945 –
Ce fait historique sert de trame à une belle histoire d’amitié. Raj, 9 ans, vit pauvrement dans une plantation de cannes à sucre, entre un père coupeur de cannes violent et alcoolique, une mère aimante et protectrice et deux frères tant adorés. Ces derniers meurent accidentellement lors d’un cyclone, la famille quitte alors les champs pour la ville ou le père devient gardien de prison.
C’est dans ce lieu d’enfermement que Raj fera la connaissance de David, orphelin blanc, chétif aux boucles blondes. Entre ces deux enfants du malheur (l’un ravagé par la mort de ses frères, l’autre arraché à sa terre natale) naitra une belle affection qui se terminera en fuite fatale. Un très joli roman du souvenir et de l’absence.